Je m’appelle Ferdelance, devinez maintenant d’où je viens…
Haha, eh oui, je viens de Ferdelance!
J’ai été longtemps au service du Corbeau, Hector Géodrek.
Vous savez ce qu’était mon tout premier jouet?
Un hochet?, une balle?, un petit cheval de bois?...non…ce fût une épée…une épée de chêne que mon arrière grand-père avait travaillé durant ses soirées de tour de garde dans le campement des Ferdelanciers à la guerre de 9 mois, celle qui nous a détaché d’Ardasia et qui a fait de Ferdelance un royaume indépendant.
J’ai appris à compter en comptant les pierres de hautes murailles d’Honorus, où j’ai grandi.
Hum…9 789…9 789 pierres c’est le plus loin que je me suis rendu…en une seule après-midi.
J’avais 6 ans lorsque mon père me donna ma première leçon avec une vraie épée en acier.
Lourdes…trop lourdes étaient les épées qu’il me donnait, je devais frapper sur un piquet de bois durant des heures, au gros soleil, porter des armures suffocantes et ne jurer que par Telis…
Et c’est à 15 ans que la raison m’a frappée…La philosophie que prône Telis est mauvaise pour les gens comme moi…Mais, vous savez, dans une société comme celle-ci, militaire et disciplinée, on ne peut se permettre de dire contre les autres…On se tait et on emboîte le pas…
Cela a duré 3 ans, 3 longues années…à 18 ans, il n’était plus question de continuer.
Et mon père a compris étonnement, ma mère a pleuré, ma jeune sœur aussi, lorsque je leur ai annoncés mon départ et mes motifs.
Je partais donc pour l’abbaye Saint-Pierre, à mi-chemin entre Honorus et Vynri.
Seul, avec le métal dans le fourreau et sur mes épaules…le métal…tout ce que j’avais, ce que j’aurais voulus et ce dont je rêvais dans mon enfance était fait en métal.
Triste nouvelle…l’abbaye n’était plus…les noires légions d’Azuvidexus étaient passées au travers…
Ferdelance n’aura jamais la paix…à cause de sa position. Elle est entourée d’ennemis.
La nuit tombait et j’étais encore en plein milieu de la lande, réfléchissant à ma vie et à mon avenir…
Je ne pouvais pas retourner à Honorus, la rumeur se serait propagée…Eh oui, je ne pouvais plus endurer Telis…Et j’ai changé ma mentalité, maintenant c’était Tal le Protecteur qui illuminait mes pas, qui me protégeait et qui guidait ma main, il me donnait force et courage, c’était ma nouvelle lumière.
Et dans une province à Telis règne, personne n’accepterait de m’offrir un logis et quelque chose à manger…
J’ai donc passé une semaine dans une auberge vidant mes poches de mes économies.
Cherchant une place où rester, je repartis sur la route...celle qui ne menait nulle-part.
Et c’est durant cette vie de vagabondage où j’ai le plus appris.
Manger, boire, dormir, se défendre et s’entrainer à chaque jour.
Avec toute a chance de monde, sous un ciel gris d’une journée trop courte, Tal écarta les nuages, dévoilant de sa lumière un lointain monastère de pierre blanche.
À l’heure du souper, les gigantesques portes de la bâtisse s’ouvraient largement à mon arrivée. Moines, Prêtres et Chevalier m’accueillirent comme l’un des leurs.
C’était le paradis, Tal y était partout dessiné, peint, brodé, honoré…
J’avais enfin trouvé ma place, recevant une seconde éducation, la religion, et je restait donc là quelques années.
Plusieurs attaques, incidents et même un incendie survinrent, mais le Monastère tenait toujours. J'ai trouvé un chevalier honnête et gentilhomme que j'admirais beaucoup, et qui a accepté de me servir de tuteur, j'étais alors devenu écuyer de Sir Guy DeLongépée.
Chaque jour, je saluais de nouvelles têtes, et me faisait de nouveaux amis.
J’ai combattu la horde d’Azuvidexus, les barbares de l’est et des brigands.
Et je suis encore debout pour vous le raconter.
Mais lorsque j’eus appris la nouvelle qu’Hector Géodrek allait parler à Azuvidexus, l’Empereur-Dragon, je me suis dit que je ne pouvais plus rester en Ferdelance.
J’ai donc réuni mes plus fidèles amis, et je suis parti en vitesse avec Basquet, Richard, Christian, Catrina, Mon frère cadet Rolland et quelques autres afin de quitter une fois pour toute Ferdelance.
Nous avons apportés avec nous tout ce que nous pouvions…Équipement, Code pénal, Foi et Volonté afin de recréer peu à peu, cet endroit où nous avons grandis ensemble.
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Guerrier du Zahedan
L'Oeil de la Pantère
-La vie est un désert dont la femme est le chameau.
-Si l'homme était un fleuve, la femme en serait le pont