Nienna entrouvrit ses yeux et se réveilla dans les fourrures qui lui servaient de couverture. Elle osa, malgré le froid mordant, sortir le bout de son nez de son nid douillet.
Encore une autre journée beaucoup trop froide... La jeune femme regarda le plafond de sa maison pendant quelques instants. Ce bâtiment, un peu chambranlant, était le sien et celui de Melka. Pour la toute première fois de sa vie, Nienna réalisa que c'était sa première vrai maison, son premier lieux fixe à elle. Une frisson lui parcouru l'échine, elle ne savait pas trop si c'était de froid ou d'angoisse qu'elle frissonna.
La barde se tourna légèrement pour regarder Markus qui dormait d'un sommeil lourd juste au-dessus du lit de Pépin qui en faisait tout autant. Osant se tourner un peu plus, faisant vibrer la maison si fragile au moindre mouvement, Nienna regarda Melka. Cette dernière dormait elle aussi. La luminosité dans la pièce laissait croire qu'il était encore assez tôt, mais la gitane n'avait plus sommeil.
La jeune femme sortit de peine et de misère de son repaire de sommeil et de rêves et ses pieds nus touchèrent le sol froid. Elle avait espéré ne pas trop faire bouger la maison pour ne pas risquer de réveiller ses amis. Elle agrippa quelques vêtements dont sa grosse cape bien chaude et les enfila. Nienna se dirigea ensuite à pas feutrés vers l'étage inférieure. Un bout de fromage et un bout de pain devinrent ses proies pour le déjeuner et le tout finissant par une belle pomme (la dernière de la saison) qu'elle décida de manger sur la galerie à l'extérieur.
Un vent frais s'engouffra sous ses longs cheveux effleurant son coup la faisant greloter de plus belle. Nienna s'assit sur la rampe du perron s'accotant sur l'une des poutres qui soutenait le toit. La gitane regardait les dernier vestige de l'automne. Les feuilles commençaient à perdre l'éclat de leur plus belle couleur.La jeune femme ferma les yeux sur ce paisible matin et écouta le vent faire frémir les dernières feuilles. Soudain, elle se redressa vivement.
- Non... Pas maintenant. Je t'en prie, pas maintenant. Ce n'est pas encore le moment. Laisse moi encore un peu de temps... murmura-t-elle si bas que le vents emportant ses paroles.
La barde se détendit de nouveau et ferma les yeux. Elle semblait si paisible maintenant, seule la larme coulant doucement sur sa joue trahissait sa tristesse tranchante.
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Je vais là où le vent me porte, sur les grands chemins vous me verrez, vivant de mon art et de ma liberté.
Je danse et je chante pour vous... Ce serait la moindre des choses de m'offrir une cervoise!